Le Petit Cîteaux

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Sept siècles cisterciens

‍Combien de visiteurs traversant la clairière de Cîteaux semblent perplexes lorsque nous les croisons. Qu’ils soient au pied du mur ruiné de l’ancien réfectoire des moines ou qu’ils tournent un regard en direction des grandes bâtisses ou du pont ! “Où est le monastère ?”, demandent-ils après un regard panoramique interrogateur. 

‍Avant-propos

‍Une histoire provisoire 

‍L’installation d’un monastère, qui plus est au sein d’une épaisse forêt, a du sens, mais lequel précisément ? Nécessairement, certaines explications solliciteront un effort d’imagination… 

‍Ce qui est frappant au Petit Cîteaux, c’est que, malgré le temps et ses vicissitudes, l’empreinte de cette clairière sur la forêt est la même depuis neuf siècles, et plus encore… 

‍Ce territoire préservé et paisible mérite alors qu’on s’intéresse de près à son histoire singulière. Pour autant, il est difficile d’éviter de dire que cette étude est autant épineuse qu’ardue. Une histoire abordée humblement comme provisoire, parce que son enrichissement dans le temps ne la clôturera jamais. Une histoire délicate, car le lieu, au-delà de la présence cistercienne durant près de sept siècles, touche au sacré. Et l’on sait combien le sacré exprime toutes les interrogations et les appréhensions des hommes sur leur place dans l’univers, et leurs espoirs de survie dans des mondes éthérés… Une histoire ardue à reconstituer pour de multiples raisons, car les sources sont erratiques et les recoupements complexes.

‍Nous nous sommes donc efforcés ici de remonter le plus possible dans le temps pour tenter de comprendre les circonstances de sa fondation. Et au fil de cette quête, des faits, des explications ou des hypothèses se révèlent, autant que des trous noirs demeurent à combler. Une démarche à pas comptés, qui implique prudence et modestie. 

‍Ce lieu traverse manifestement l’histoire de l’homme et de ce territoire sur le temps long. Et les grandes histoires ont tendance à se faire une place par l’amnésie de ce qui a précédé ou succédé. Les cisterciens en prennent leur part, mais une part seulement. 

‍A l’écart du monde ?

‍Ce lieu, en apparence protégé, n’est pas isolé. Aux différentes périodes historiques de la présence cistercienne que nous aborderons, il s’avère en lien avec les grandes confrontations civilisationnelles.    

‍En consultant ces pages, vous disposerez d’éléments de réponses, et, quand il s’agira d’hypothèses, nous le préciserons afin d’éviter les équivoques. Sans hypothèses, point d’Histoire. Mais ces spéculations nécessitent de faire le tri entre probabilité, supputation, présomption et conjecture. 

‍Pour l’écriture de ces pages “numériques”, précisons que notre intention ne peut être exhaustive, et, pour ce support, nous avons dû limiter la profondeur de notre propos. Mais limiter n’est pas simplifier… Du moins, telle était notre intention… Bien entendu, ce que vous découvrirez ne peut être exempt, d’erreurs, d’omissions involontaires et de mésinterprétations.

‍De tout ce qui est disponible comme matériaux historiques, notre prudence a été de mise avec nombre d’informations, qui sont souvent rapportées bien des siècles plus tard, sans que les sources soient mentionnées ou qu’il soit possible de les recouper. Nous avons aussi écarté les affaires de caractère spécifiquement religieuses, liées directement à la vie interne de l’ordre cistercien ; vie forcément en dents de scie durant les sept siècles où une communauté monastique fut présente de manière continue au sein de cette immense forêt.

‍Et s’il y a évidemment un “avant” l’arrivée des moines, il y a un “après”, et ce socle du temps long ne peut que nous inviter à nous projeter dans le futur.

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